DMM City – Qu’est-ce que c’est ?

« DMM City » est un grand feuilleton d’aventure. L’intrusion d’un héros sanguinaire dans la réalité contemporaine.

Un vieil homme étrange débarque au milieu des enfants de la cité. Il fait voler en éclat le cadre et les règles. Et le voilà catalyseur d’une colère latente.

 

« DMM City » parle d’un désir de liberté sans limites et de la violence qui en découle. Une violence vécue, imaginée et probablement espérée dans un monde qui nous échappe. Un monde dans lequel nous vivons, mais dont nous sommes pourtant de plus en plus inaptes à comprendre le fonctionnement et les règles.

Comment se positionner face aux nombreuses flambées de violence dont nous ne percevons pas les motivations. Une violence que nous sommes le plus souvent incapables de considérer en termes de rapports sociaux ou politiques.

La violence des mineurs est désormais omniprésente dans le champ médiatique et politique. Et pourtant, c’est un sujet dont la fiction ne s’empare jamais. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il faut remonter à « Sa Majesté des mouches » (roman de William Golding publié en 1954, adapté au cinéma par Peter Brook en 1963 et par Harry Hook en 1990) pour voir le cinéma traiter frontalement le sujet.

La violence telle qu’elle est abordée ici n’est pas un sujet abstrait et elle n’a rien de gratuit ou de démonstratif. « DMM City » parle de nous et non pas d’un lointain fantasmatique. Les enfants de « DMM City » sont aussi nos enfants, en qui l’on décèle cette trace sombre et inquiétante qui brille au fond de leurs yeux. Lorsque les verrous sautent, il semblerait qu’ils n’ont plus que le choix entre fanatisme et nihilisme.

« Tous ces enfants, cette génération, ce sont les meilleurs, les plus intelligents, les plus sympathiques que nous ayons eus. Mais ils échouent, ils manquent l’école, ne jouent même plus. Ils sont brillants, agiles et rapides. Mais l’école de la rue, ce n’est pas assez. Ce sont de petits adultes. Ces sont les meilleurs mais ils n’auront pas la possibilité d’être les meilleurs. Tu comprends ? » : c’est en ces termes que l’ex-commissaire Catherine Guérin décrit les enfants de « DMM City ».

Sans motivation ni revendication, leur fureur ne peut rien satisfaire. C’est une vaine et désespérée recherche de liberté qui n’est que le premier pas d’une fuite en avant : toujours plus de violence, toujours moins de résultats.

Et tous ceux qui gravitent autour des enfants de « DMM City » sont impuissants à réagir. Sans alternative à proposer, ils sont emportés, dissous, altérés par la violence.

Pour éprouver cette liberté, les enfants s’échappent de la cité par l’action, ils créent leur mythe, leur Doroteo. Ils reprennent leur avenir en main.

Dans « DMM City » la fiction pointe sans état d’âme la faillite de la raison et le triomphe de passions absurdes ou irrationnelles. Ce qui apparaît comme de la brutalité et de la déraison souligne une vision impatiente de l’avenir, impatiente et surtout sombre et inquiète comme au fond des yeux de nos enfants. Désespoir ? Ou au contraire un espoir fou qui ne demande qu’à s’exprimer.

Cédons, pour finir, à la tentation des citations :

« Nous avons été habitués à des révolutions qui avaient un but. Nous allons dans un monde où elles n’en auront plus. », J.G. Ballard.

« On dit que les enfants sont affreux, moi je dis qu’ils ont encore de la marge. », Kurt Cobain.